HGGSP : Cinéma “Nuremberg (2026) : un duel avec le mal absolu”
Le procès du siècle vu par un psychiatre — analyse du film de James Vanderbilt
Sorti en salles le 28 janvier 2026 · 2h28 –
| Réalisateur | James Vanderbilt |
| Avec | Rami Malek · Russell Crowe · Michael Shannon |
| Rôles | Malek : Dr Kelley · Crowe : Göring · Shannon : Jackson |
| Source | Le Nazi et le Psychiatre, Jack El-Hai, Les Arènes, 2013 |
| Festivals | Toronto · San Sebastián 2025 |
Sorti le 28 janvier 2026, lendemain de la Journée mondiale dédiée aux victimes de l’Holocauste et 80e anniversaire du procès, Nuremberg choisit un angle inhabituel : non les accusés ni les procureurs, mais le psychiatre chargé d’évaluer leur santé mentale.
Synopsis
1945. Avant que le procès puisse s’ouvrir, une question se pose : les accusés sont-ils aptes à comparaître ? Le Dr Douglas Kelley, psychiatre de l’armée américaine, est chargé de les examiner. Face à Hermann Göring, charismatique, manipulateur, redoutablement intelligent, la confrontation devient une bataille psychologique. Kelley, venu diagnostiquer un monstre, finit par questionner sa propre conception du mal.
Qui était Kelley ?
Psychiatre réel, il conclut après le procès que les dirigeants nazis n’étaient pas des malades mentaux, des hommes normaux. Cette thèse le hantera : en 1958, il meurt en avalant du cyanure, la même méthode que Göring la veille de son exécution.
Ce que le film dit vraiment
Le film ne cherche pas à humaniser le bourreau pour attendrir. Il pose une question plus inconfortable : l’inhumanité peut revêtir des habits très ordinaires. En cela il dialogue directement avec la thèse d’Hannah Arendt sur la « banalité du mal », forgée lors du procès Eichmann dix ans plus tard. Russell Crowe incarne un Göring séducteur et glaçant, non un monstre hurlant, mais un gestionnaire efficace du crime de masse.
En toile de fond, les tensions juridiques du procès : peut-on juger rétrospectivement ? La justice des vainqueurs peut-elle être impartiale ? Ces questions restent ouvertes, le film les pose sans les trancher.
Ce qu’en dit la presse
Le film rappelle que la justice et la mémoire ne sont jamais acquises. Réaliser un film sur Nuremberg, c’est aussi interroger notre présent et éprouver notre vigilance. In the Mood for Cinema
On en ressort secoué parce qu’il ose regarder en face l’idée la plus inconfortable : rien ne les différencie fondamentalement des autres hommes. Sortiraparis
Sérieux et ambitieux, mais laissant parfois une impression frustrante de surface. L’exploration psychologique reste inachevée. Cadebordedepotins
Le lien avec votre cours
La date de sortie n’est pas neutre : en choisissant le 28 janvier 2026, le film s’inscrit lui-même dans un acte mémoriel. Il pose aussi frontalement la question de la responsabilité individuelle dans un système criminel — au cœur de votre axe conclusif. À vous de décider : est-ce un document historique, ou une mise en scène de l’histoire ?
Pour aller plus loin :
- Jack El-Hai, Le Nazi et le Psychiatre, Les Arènes, 2013
- Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem, 1963
- Stanley Kramer, Jugement à Nuremberg, 1961